sélection d’articles sur l’œuvre de Vincent Dulom

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[dans l’atelier avec…]

Par Jeanne Mathas

Dans l’atelier de Vincent Dulom, j’ai aperçu des bouts de ciel, des morceaux d’espace, le bleu de Fra Angelico. Dans la lumière du matin, seule face à l’œuvre, j’ai revécu l’expérience d’un film vu il y a longtemps maintenant. […]

Dulom. Du temps à l’autre (FR-EN)

Par Maud de la Forterie

Délicates et contemplatives, les oeuvres de Vincent Dulom (France, 1965) invitent le regard à une expérience physique et méditative où la notion de perception, loin de se limiter aux méandres restreints de la seule observation, se prolonge et se propage dans le fertile creuset des sensations. Sur toile ou papier, des formes sphériques et colorées naissent et s’accordent au vibrato d’ombres pulsées, happant l’oeil dans le domaine du vertigineux où la peinture, toute empreinte de fluidité, se met en mouvement et semble alors véritablement flotter, osciller, respirer. […]

Delicate and contemplative, the works of Vincent Dulom (France, b. 1965) involve the gaze in a physical and meditative experience in which the notion of perception, far from being limited to the restricted meanders of observation alone, extends and propagates in the fertile crucible of sensations. On canvas or paper, spherical, coloured forms are born and attuned to the vibrato of pulsating shadows, drawing the eye into the vertiginous realm in which the painting, imbued with fluidity, is set in motion and truly seems to float, oscillate and breathe. […]

Des soleils qui se lèvent

Par Julie Chaizemartin

Des épiphanies colorées, jaillissantes, mouvantes. Pour sa première exposition personnelle à la galerie ETC Vincent Dulom fait naître la beauté.

À peine les regarde t-on qu’elles nous échappent. On tente d’en fixer la couleur au fond de notre rétine : mission impossible. Les vapeurs colorées qui vibrent devant nous se refusent à fixer sur le papier ou la toile une forme, une durée, une réalité. Nous sommes devant le mystère de l’inconsistance. Et c’est sublime. […]

[sans titre] catalogue « du temps à l’autre » (FR – EN)

Par Elora Weill-Engerer

[…] Cette beauté « explosante‑fixe » 3 est en constante et silencieuse mutation : il en va d’une énergie de la dilatation, de l’oscillation, de la contraction, du rétrécissement, de l’absorption qui part ou converge vers un foyer diffus ; ce sont, précisément, autant de phases en rapport avec les dynamiques internes du corps du regardeur. […]

[…] This stunning “explosive stillness” 3 is in a constant state of silent mutation : expanding, oscillating, contracting, shrinking, absorbing, it is either leading us away from, or guiding us directly towards a diffused focal point ; these are, precisely, the phases that correspond to the internal corporal processes of the viewer. […]

À propos de 21101801C200 

Par Jean-Charles Vergne

Les peintures de Vincent Dulom s’élaborent à partir de mélanges chromatiques complexes conçus numériquement, imprimés en fines pellicules pigmentaires sur la toile. Son art se joue dans l’intimité du regard avec une insaisissable matière, dans une fascination sublimée par la profondeur de ses champs colorés. […]

Pour le dire à Vincent

Par Franck Mas

[…]
La peinture de Vincent Dulom ne répond à aucune question, mais les anticipe toutes. Il est aussi probable qu’elle les refuse. Non pas qu’elle (en) soit illégitime, mais parce qu’aucune explication, aucun système de pensée n’est capable de répondre à ce qu’elle diffuse. Elle échappe au raisonnement de la même manière que les mathématiques sont dans l’incapacité de traduire ou de mettre en équation la beauté d’un poème. 
[…]

24 secondes par images

Par Jean-Charles Vergne

[…] C’est le soleil que nous voyons, ou bien le spectre auroral d’éclats venus des confins. C’est le rayonnement d’une étoile peut-être déjà morte qui nous parvient à des années-lumière. Le film de Vincent Dulom exerce une irrésistible fascination, un charme dont le faisceau lumineux se noue aux fondements hypnotiques du cinéma, focalisant sur l’oeil mesmérisé une source lumineuse contemplative happant le spectateur dans une immersion subjuguée.

{Vincent Dulom}  Réponses de la matière

Par Muriel Leray

Nous étions en train de parler du monde devant nous. Il avait dessiné une porte. 

C’étaient deux courbes et je m’inquiétais d’un manque. Sur ce point, on peut soupçonner un biais : je m’attends toujours à ce que soudain tout ait des angles. Tourner la tête et que quelque chose ait changé.
[…]

Premier regard sur l’espace

par Stéphane Carrayrou

Premier regard sur l’espace
des plaques d’acier disséminées au sol, mises en relation avec des structures filiformes, 
à la limite de la visibilité
à la limite de la stabilité
à la limite de la consistance.
Aucun arrêt à la libre circulation de notre regard,
aucun arrêt à notre déambulation physique autour d’elles,
sinon l’attention, la vigilance qui nous requiert.
[…]

Tracer le peu (blog de l’exposition – premier jour) (FR-EN)

Par Clare Mary Puyfoulhoux 

il y aurait une matière
offrir à l’oeil la chance de voir ce qu’il a oublié, que le dessin
n’est pas affaire de point A à l’autre B que la surface qui permet
de garder la trace n’est pas obligatoirement un papier que le
volume, la densité, sont exactement ce qui cruel et manque
vent
le souffle tait, un souffle à peine je me tais
[…]

[…]
Vincent Dulom’s work is a dissolution of certainties
the whole gesture consists
in only doing, despite,
remembering
holding tight the thread that links us all
that is no direction, no story, achieving nothing
a gift
a shared finding
and we remember, together
the unforseen game
so serious
[…]

Sur l’œuvre de Vincent Dulom (FR-EN)

Par Antoine Camenen

Dans sa pérégrination artistique, Vincent Dulom s’est débarrassé de toute notion de style, pour rester à distance de l’œuvre et mieux en accompagner les occurrences.
[…]

In the course of his artistic peregrinations, Vincent Dulom shed all concept of style in favour of detachment from the artwork and better control of its occurrences.
[…]

Sans titre (à propos de Percée) (FR-EN)

Par Marie Cantos

[…]
Dans le retrait, dans la fluidité, dans l’infini poudroiement, Vincent Dulom nous perd. Qu’elles jouent avec leurs bords, qu’elles s’en gardent, les peintures de l’artiste se donnent, et s’échappent, comme l’onde. Tout y est lié, il apparaît impossible de discerner le dessous du dessus, donc l’avant de l’après, les particules pigmentaires deviennent des particules d’espace-temps, passé présent et futur un même continuum de la matière, et sur cette onde fuyante où tout est visible mais rien ne se distingue, le ciel et la terre se rencontrent.

[…]
Low profile, fluidity, infinite powdering – Vincent Dulom shakes us off. Whether making play with their edges or refraining from doing so, his paintings offer themselves then flee, like waves. Everything here is interconnected. It seems impossible to distinguish top from bottom, and thus before from after; the pigment particles become space-time particles, past present and future forming a single matter- continuum, and on this fleeing wave of which everything is visible but nothing can be distinguished, earth and sky meet.

Percée, #L’ahah, Paris, 2019

Par Marie Cantos

Les oeuvres de Vincent Dulom sont de celles qui échappent. Aux regards, aux mots. Qui s’appréhendent dans une atmosphère atone : son, lumière, entendement. Tout semble devoir se mettre en veille afin d’accueillir les infimes variations pigmentaires de sa peinture, les laisser se déposer sur la rétine, sur les impressions de l’artiste – les nôtres, aussi. On aimerait les saisir, s’abandonner à elles, ne plus se mouvoir et sentir se former la fine pellicule colorée, mais un souffle indistinct les a déjà dispersées, et l’on se met inconsciemment en branle, tout doucement, à la recherche d’un autre point de vue.
[…]

Fragments d’une déposition

Par Claire Chesnier

[…]
Cependant, lorsque je parle du geste de la couleur, il n’est nul besoin qu’il se donne à voir «gestuellement». Je veux dire que sa manière de se déposer peut appartenir à la plus grande discrétion, à une étendue qui se déploie tout en retirant à la vue tout indice de son passage. Penser ici à la peinture de Vincent Dulom. J’ai la chance d’en avoir une, sous le regard, elle semble me suivre de son ombre. Un halo indiscernable forme l’entour d’une couleur qui n’en finit pas de déposer son voile. C’est une étendue à perte de vue. Littéralement, les yeux n’y tiennent plus.
[…]

Vincent Dulom / Entre tant

Par Ludovic Delalande

Vincent Dulom explore les possibilités du medium pictural à travers une pratique minimale. Sa méthode, simple et rigoureuse, s’appuie sur un langage formel aux procédés novateurs qui réinvente les outils traditionnels du peintre, troquant le pinceau pour l’imprimante. Au plafond, au mur ou au sol, épinglées, tendues ou posées, ses peintures de dimensions variées procèdent systématiquement du lieu dans lequel elles s’inscrivent, l’artiste prenant préalablement en compte le contexte, l’historique et les données architecturales afin que l’œuvre soit le plus signifiante possible dans son rapport à l’espace.
[…]

Vincent Dulom, La claire-voie

Par Cécile Gremillet

[…]
L’économie de moyens, revendiquée par Vincent Dulom, rassemble les qualités fondamentales de la peinture : le rythme, la composition et la tactilité. C’est justement parce qu’il « s’inscrit dans la situation d’une création au monde, d’un commencement au monde »4, que son œuvre atteint l’essence de la peinture sans quitter la sensation.5

Du juste écart chez Vincent Dulom

Par Bruno Trentini

[…]
Le plus surprenant est peut-être de se rendre compte que, dessin ou peinture, Vincent Dulom exprime la même réalité plastique. Les formes dansent avec le spectateur, sans le guider, ni sans sembler guidées par l’artiste. Les formes, apparemment très simples, sont justes, équilibrées et avec ce qu’il faut d’écart pour créer un vacillement de l’expérience spectatorielle. Un vacillement à peine perceptible. C’est à se demander par quelle habileté Vincent Dulom parvient à rendre si désorientant un travail si exact.

Vertus de la pénurie (FR-EN)

Par Muriel Leray 

Le travail de Vincent Dulom est sans scénario.
Ici, pas de point A, pas de point B, seulement une origine.
Définitivement un contreprocessus : presque un exil.
Ou simplement : le plus court chemin entre l’homme et la peinture.
Amusons-nous à dire : sans l’ombre d’un doute.
On y croit comme on croit à l’existence d’une pierre.
[…]

Vincent Dulom’s painting is not scripted.
Here, no A point, no B point, just a beginning.
Definitely a counter-procedure: almost an exile.
Put simply: the shortest distance between man and painting.
It’s amusing to say: without the shadow of a doubt.
You believe in this, like the belief in the existence of a rock.
[•••]

Vincent Dulom – L’entre-ciel

Par Michel Micheau

[…]
Cette installation minimale produite à l’occasion de la Nuit Blanche irradie, se dilate, attire, émet un halo d’ombre et de lumière, se modifie selon le déplacement du public, disparaît… 
Elle semble vivre selon sa logique propre.
[…}

Vincent Dulom – L’entre-ciel 

Par Géraldine Dufournet

Vincent Dulom est un peintre en quête du sublime. C’est aussi un penseur à la manière de saint Augustin, dont il a en commun l’exigence et avec lequel il partage le goût de la simplicité.
[…]

J’ai tout donné au Soleil… (FR-EN)

Par Fabienne Fulchéri

La peinture de Vincent Dulom ne se donne jamais si bien à voir que dans le silence, baignée par une faible lumière. Comment poser des mots sur celle-ci sans la priver de son souffle ? Comment porter un éclairage extérieur sans l’affadir par une trop soudaine clarté ? Trouver le moyen d’entrer dans le vif du sujet sans inciser l’épiderme, tenter d’approfondir la question sans rester vainement en surface. La solution réside probablement dans le récit de l’expérience, […]

Vincent Dulom’s painting is best seen silently, enveloped in somewhat semidarkness. How to express the substance without taking away it’s breath? Bring the work to light without it fading from too harsh a glare? Find a way to the heart of the subject without cutting into the skin, to delve into the question while respecting the surface. The answer lies in relating the experience, […]

L’ombre perdue de la lumière Vincent Dulom à Mouans-Sartoux : Les deux temps d’une oeuvre

Par Agnès Birebent

Une tache de couleur flotte, vibre, palpite. Elle est là, distante avec son support au point qu’il disparaît, puis s’en approche à nouveau, glisse, ou peut-être se meut-elle seulement à quelques millimètres au-dessus de lui – comme on marche sur l’eau – retenue par une force invisible, par désir de fleureter avec des limites devenues inexistantes (elle est organique comme une lenticule, cette plante à petites feuilles rondes, flottante ou submergée dans les eaux stagnantes). Sa réalité est insaisissable ; on ne sait comment réagir face à ce mirage.
[…]

À l’ombre d’un doute (FR-EN)

Par Claire Chesnier

La rencontre d’une œuvre est une chose fragile, un imperceptible battement de cils où s’entrouvre la vision. Celle de Vincent Dulom est de celle-là. De celle, inoubliable de l’entrevue de la peinture « à demeure d’ombre »1. Ici, pas de séduction : une étendue âpre mais d’un seul tenant, qui vous rongerait les yeux lorsque le corps s’y glisse et le regard s’abîme.
[…]

Connecting with an artist’s production is a delicate matter, somewhat like the imperceptible batting of an eye becoming the premise of a primal visual experience. Meeting Vincent Dulom’s work is like that, an unforgettable preview of painting “where shadows dwell”(1). Not a question of visual seduction, here you enter a singular field: one continuous, rough expanse that gnaws at your eyes, as you penetrate the span and get lost in looking.
[…]

Vincent Dulom et la peinture

Par Stéphane Lecomte

[…] Vincent Dulom veut « repousser les limites de la peinture ». Dit comme ça, on croirait être en face d’un personnage présomptueux, pensant être révolutionnaire. Or ce n’est pas le cas. Le peintre doute, et ça se sent, ça se respire. Le peintre préfère l’ombre à la lumière. Le peintre, on ne le voit plus, il s’efface jusqu’à sa négation, au profit d’une œuvre autonome. Une peinture qui vit, une peinture qui vit encore plus quand on la regarde. Le peintre aime sa peinture, il la laisse vivre, s’envoler. Casser les limites de la peinture, c’est effacer l’auteur, et enlever tout ce qui peut la caractériser.
[…]

Espacé d’ombre

Par Evelyne Bennati

C’est à une véritable épiphanie que nous convie l’artiste Vincent Dulom : la lumière comme manifestation du corps. Corps terrestre et céleste à la fois, présent et absent, ses peintures, par une utilisation subtile de l’ordinateur, fusionnent lumière et ombre en un halo diffusant une énergie intense et douce annonciatrice de la disparition.
[…]

Espacé d’ombre

Par Sophie Coiffier

[…]
La peinture de Vincent Dulom serait-elle une peinture d’évocation ? Pour une part, sans doute, mais ce serait lui prêter un caractère magique qui est contredit par le traitement numérique et technique de l’œuvre. Et ce qui est révélé ne l’est pas seulement à l’esprit mais surtout et davantage au corps, et depuis le corps.
[…]