{"id":468,"date":"2024-01-24T21:40:00","date_gmt":"2024-01-24T20:40:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/?p=468"},"modified":"2026-07-16T22:10:08","modified_gmt":"2026-07-16T21:10:08","slug":"des-soleils-qui-se-levent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/textes\/468","title":{"rendered":"Des soleils qui se l\u00e8vent"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par <em>Julie Chaizemartin<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Des \u00e9piphanies color\u00e9es, jaillissantes, mouvantes. Pour sa premi\u00e8re exposition personnelle \u00e0 la galerie ETC Vincent Dulom fait na\u00eetre la beaut\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 peine les regarde t-on qu\u2019elles nous \u00e9chappent. On tente d\u2019en fixer la couleur au fond de notre r\u00e9tine : mission impossible. Les vapeurs color\u00e9es qui vibrent devant nous se refusent \u00e0 fixer sur le papier ou la toile une forme, une dur\u00e9e, une r\u00e9alit\u00e9. Nous sommes devant le myst\u00e8re de l\u2019inconsistance. Et c\u2019est sublime. Au vernissage, le m\u00eame refrain d\u2019\u00e9merveillement rythmait les yeux \u00e9carquill\u00e9s des visiteurs. Les halos de couleurs plus ou moins tendres, plus ou moins sourds, de Vincent Dulom qui semblent enfler depuis le centre de la toile, \u00e0 l\u2019image de poumons gorg\u00e9s d\u2019oxyg\u00e8ne, sont des d\u00e9fis \u00e0 l\u2019id\u00e9e traditionnelle que l\u2019on se fait de la vision et, par extension, celle de la peinture, \u00e0 savoir une image fig\u00e9e et bien trac\u00e9e dans un cadre d\u00e9fini. Ici, certes, les supports sont de petits rectangles de papier ou de grands carr\u00e9s de toile mais ce qu\u2019ils accueillent en leur sein d\u00e9passe largement leurs bordures. Nous sommes peut-\u00eatre devant des \u00e9toiles en expansion, des cercles de lumi\u00e8re sacr\u00e9e, des com\u00e8tes extraterrestres, des lunes sur le point de s\u2019endormir. Une seule chose est s\u00fbre : aucun d\u2019entre nous ne voit la m\u00eame chose puisque les gouffres orbitaux de l\u2019artiste qui semblent \u00eatre des trous noirs r\u00e9veill\u00e9s par l\u2019intensit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nale de l\u2019ensemble du spectre color\u00e9, ondulent et vacillent au rythme de la vision personnelle de chacun. Le d\u00e9fi est aussi, ici, celui de leur description : mission impossible \u00e0 nouveau. Art optique si l\u2019on veut quoique ce terme doive ici \u00eatre d\u00e9pass\u00e9. Car la simple illusion d\u2019optique rev\u00eat dans le cas de Dulom une dimension po\u00e9tique et \u00e9motionnelle se r\u00e9f\u00e9rant aussi bien \u00e0 la puret\u00e9 mystique des bleus de Fra Angelico qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9pure des minimalistes am\u00e9ricains. Dulom ne choisit pas, il invente son propre langage dont une des fonctions premi\u00e8res est d\u2019interagir avec le regardeur. Ce cercle gris anthracite dont les contours flous s\u2019\u00e9panchent vers du mauve \u00e9vanescent semble s\u2019\u00e9lever du papier. La couleur vole, nimbe l\u2019atmosph\u00e8re. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est accentu\u00e9 par l\u2019accrochage d\u00e9licat qui maintient sur d\u2019infimes fils de fer les l\u00e9gers papiers de l\u2019artiste. OEuvres a\u00e9riennes, insaisissables, dont le caract\u00e8re volatile est aussi d\u00fb \u00e0 la technique. Car il ne s\u2019agit pas de peinture sur toile mais de jets d\u2019encre, plus aptes \u00e0 s\u2019esquiver. \u00ab La vision est en grande partie mensonge, de toute mani\u00e8re [\u2026] on ne voit vraiment que quelques degr\u00e9s \u00e0 haute r\u00e9solution l\u00e0 o\u00f9 l\u2019oeil accommode. Tout le reste n\u2019est que flou p\u00e9riph\u00e9rique, rien que\u2026 de la lumi\u00e8re et du mouvement \u00bb fait dire l\u2019auteur de science-fiction Peter Watts \u00e0 l\u2019un de ses personnages dans son roman Vision Aveugle. Une phrase idoine pour les oeuvres de Dulom qui nous font appara\u00eetre soudainement tout ce qu\u2019on ne voit pas, ce spectre immense de couleurs et de lumi\u00e8re qui nous \u00e9chappe \u00e0 chaque instant. C\u2019est fascinant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Transfuge, n\u00b0174, janvier 2024,&nbsp; Art galerie, p. 114.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Julie Chaizemartin, est journaliste culture et critique d\u2019art ind\u00e9pendante. Elle travaille pour Artpress, Transfuge, Le Quotidien de l\u2019Art, Beaux-Arts Magazine, Le Quotidien du Pharmacien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pass\u00e9e par le Huffington Post, L\u2019Express, L\u2019Officiel Art&#8230; Critique d\u2019art (membre de l\u2019AICA), elle collabore r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 la r\u00e9daction de textes critiques pour des expositions ou des catalogues d\u2019artistes contemporains.Fondatrice et directrice d\u2019Art District Radio (Art District Media), webradio et TV digitale sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019art, le jazz et la pop-soul et fondatrice du label de jazz Art District Music.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Julie-Chaizemartin.pdf\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Julie-Chaizemartin.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Julie Chaizemartin<\/p>\n<p>Des \u00e9piphanies color\u00e9es, jaillissantes, mouvantes. 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[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-468","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/468","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=468"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/468\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":913,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/468\/revisions\/913"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=468"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=468"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=468"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}