{"id":426,"date":"2019-01-12T15:39:00","date_gmt":"2019-01-12T14:39:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/?p=426"},"modified":"2026-07-15T00:57:19","modified_gmt":"2026-07-14T23:57:19","slug":"percee-lahah-paris-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/textes\/426","title":{"rendered":"Perc\u00e9e, #L\u2019ahah, Paris, 2019"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par <em>Marie Cantos<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les oeuvres de Vincent Dulom sont de celles qui \u00e9chappent. Aux regards, aux mots. Qui s\u2019appr\u00e9hendent dans une atmosph\u00e8re atone : son, lumi\u00e8re, entendement. Tout semble devoir se mettre en veille afin d\u2019accueillir les infimes variations pigmentaires de sa peinture, les laisser se d\u00e9poser sur la r\u00e9tine, sur les impressions de l\u2019artiste \u2013 les n\u00f4tres, aussi. On aimerait les saisir, s\u2019abandonner \u00e0 elles, ne plus se mouvoir et sentir se former la fine pellicule color\u00e9e, mais un souffle indistinct les a d\u00e9j\u00e0 dispers\u00e9es, et l\u2019on se met inconsciemment en branle, tout doucement, \u00e0 la recherche d\u2019un autre point de vue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car la peinture de Vincent Dulom est de celles qui requi\u00e8rent l\u2019exp\u00e9rience physique. Certes, on pourrait l\u2019\u00e9crire de toutes les oeuvres\u2026 il n\u2019emp\u00eache que celles-ci ne se donnent que dans le lent d\u00e9placement des corps des regardeur-se-s, se r\u00e9v\u00e9lant, se densifiant, ou, au contraire, s\u2019\u00e9vanouissant au fur et \u00e0 mesure que l\u2019on s\u2019approche, que l\u2019on s\u2019en \u00e9carte, quelques pas plus \u00e0 gauche, \u00e0 droite, un coup d\u2019oeil en biais, plus rapide, comme pour les prendre au pi\u00e8ge. Il serait presque question de position(s) \u2013 renvoyant tout autant \u00e0 l\u2019iconographie religieuse qu\u2019\u00e0 la ph\u00e9nom\u00e9nologie de la perception.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u00e9anmoins, la peinture de Vincent Dulom, lointaine descendante des primitifs italiens et petite-fille des minimalistes am\u00e9ricains, ne se joue pas dans l\u2019\u00e9pure, l\u2019\u00e9vidence, la soudaine clart\u00e9. Elle se tapit dans l\u2019ombre, celle qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019inconscient, \u00e0 l\u2019immanent, \u00e0 la terre ou \u00e0 la corporalit\u00e9 aussi, parfois. L\u2019ombre comme \u00abenvers du visible\u00bb, et non contraire du visible, pour reprendre le titre d\u2019un ouvrage de l\u2019essayiste fran\u00e7ais Max Milner (1923-2008), paru en 2005 (L\u2019Envers du visible. Essai sur l\u2019ombre).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Partant des qualit\u00e9s sp\u00e9cifiques des deux espaces d\u2019exposition que sont #Griset et #Moret, Vincent Dulom installe \u00e0 L\u2019ahah, avec Perc\u00e9e, deux d\u00e9ploiements in\u00e9dits et radicalement diff\u00e9rents de son travail r\u00e9cent (toutes les \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es datent de 2018 ou 2019), formant une seule et m\u00eame exposition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019une certaine mani\u00e8re, par cette double exposition, l\u2019artiste poursuit sa r\u00e9flexion sur la question du cadre. S\u2019il nie les notions m\u00eames de limites, et donc de composition, dans les peintures sur lesquelles se forment un halo (qui, apparaissant, dispara\u00eet), il montre, dans ces derni\u00e8res productions, une attention marqu\u00e9e \u00e0 la marge. La couleur, dont le poudroiement demeure, s\u2019\u00e9tend \u00e0 tout l\u2019espace de la toile \u2013 ou de la feuille, flirte avec le bord pour d\u00e9finir le cadre, et le hors-cadre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019espace d\u2019exposition #Moret, derri\u00e8re les vitrines opacifi\u00e9es, sous le plafond aux airs brutalistes, un halo terreux de grand format (17110601C180L255) dialogue avec deux des nouvelles peintures (peinture 1811110418111101 et peinture 1811110818111101) o\u00f9 Vincent Dulom, tout en reprenant le fantomatique halo (ici, une lumi\u00e8re sourde), reconstruit, par un traitement color\u00e9 des fonds, un rapport aux bords. Inversement, dans l\u2019espace d\u2019exposition #Griset, la couleur, plus lumineuse (un jaune citron, un vert tendre, des bleus du ciel), se diffuse en quasi all-over. Les visiteur-se-s y sont happ\u00e9-e-s d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e par la fen\u00eatre aveugle ouverte par Perc\u00e9e 18121901 150 210. En regard, scandant la ligne du long mur blanc, trois occurrences color\u00e9es de la s\u00e9rie des \u00c9crans que l\u2019artiste a initi\u00e9e cette ann\u00e9e \u2013 une quatri\u00e8me \u00e9tant \u00e0 d\u00e9couvrir dans les bureaux. Un accrochage \u00e9galement en r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019architecture du lieu, un white cube aux lignes pures, tout en tension.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>Communiqu\u00e9 de presse de l\u2019exposition<\/em> \u00a0\u00bb <em>Perc\u00e9e<\/em> \u00ab\u00a0, L&rsquo;ahah, Paris, 2019<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Marie Cantos Les oeuvres de Vincent Dulom sont de celles qui \u00e9chappent. Aux regards, aux mots. Qui s\u2019appr\u00e9hendent dans une atmosph\u00e8re atone : son, lumi\u00e8re, entendement. 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