{"id":419,"date":"2010-06-29T15:39:00","date_gmt":"2010-06-29T14:39:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/?p=419"},"modified":"2026-07-14T17:19:23","modified_gmt":"2026-07-14T16:19:23","slug":"a-lombre-dun-doute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/textes\/419","title":{"rendered":"\u00c0 l\u2019ombre d\u2019un doute (FR-EN)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par <em>Claire Chesnier<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La rencontre d\u2019une \u0153uvre est une chose fragile, un imperceptible battement de cils o\u00f9 s\u2019entrouvre la vision. Celle de Vincent Dulom est de celle-l\u00e0. De celle, inoubliable de l\u2019entrevue de la peinture \u00ab \u00e0 demeure d\u2019ombre \u00bb<sup>1<\/sup>. Ici, pas de s\u00e9duction : une \u00e9tendue \u00e2pre mais d\u2019un seul tenant, qui vous rongerait les yeux lorsque le corps s\u2019y glisse et le regard s\u2019ab\u00eeme. \u00ab Le temps s\u2019arr\u00eate. Ce temps est alors le temps de l\u2019\u0153uvre, celui de la vision. \u00bb<sup>2<\/sup>&nbsp;une vision en milieu de fulgurance et de vide : pr\u00e9sence souffl\u00e9e en tache sombre, et voici le trou b\u00e9ant o\u00f9 l\u2019on s\u2019engouffre, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019une turgescence volatile de l\u2019immat\u00e9riel, de son sein tendu rien qu\u2019un instant au bomb\u00e9 vitreux de l\u2019\u0153il, son antre perm\u00e9able. Voici \u00ab l\u2019instant du don et du retrait : ce temps donn\u00e9 o\u00f9 le sable s\u2019interrompt, le temps que l\u2019\u0153uvre me donne. \u00bb<sup>3<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab On ne sort jamais en arri\u00e8re d\u2019un \u00e9vanouissement. \u00bb<sup>4&nbsp;<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre ses mains, je devine l\u2019impr\u00e9gnation terrible des huiles et des essences pass\u00e9es, peinture \u00e9tendue en p\u00e2te onctueuse ou liquide, celle litt\u00e9rale imm\u00e9diatement identifiable comme telle, laiss\u00e9e l\u00e0, pour un jet d\u2019encre pulv\u00e9ris\u00e9, une tranche \u00e9paisse de papier impressionn\u00e9e m\u00e9caniquement, si tant est que la machinerie ait quelque chose \u00e0 voir avec la cr\u00e9ation de Vincent Dulom. Un Lenticulaire sur la paume dans l\u2019entrevue du blanc : du sombre et de la peau. Baisser les lumi\u00e8res. Tamiser l\u2019\u00e9clairage. Il lui faut mille pr\u00e9cautions avant que d\u2019offrir sous mes yeux la pr\u00e9sence puls\u00e9e de l\u2019ombre. Voil\u00e0, elle est \u00e0 son aise. Elle peut allonger son corps en terrain familier. La p\u00e9nombre est dense autour du corps de l\u2019artiste qui s\u2019abaisse, ploie son corps \u00e0 l\u2019humilit\u00e9 de ce qui va surgir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Silence. Je regarde \u00e0 l\u2019aveugle cette tache en page blanche dont la luminescence appara\u00eet dans toute l\u2019\u00e9vidence de sa noirceur. Je ne dois pas battre des paupi\u00e8res. Je ne veux surtout pas perdre le fil de l\u2019apparition, mais m\u2019approcher d\u2019elle, tout pr\u00e8s, tout contre mon \u0153il, bu d\u00e9j\u00e0 dans son entier, absorb\u00e9 sourdement dans sa propre r\u00e9sonance. L\u2019\u00e9tau blanc semble se resserrer sur le corps contract\u00e9. La lumi\u00e8re finit par se diluer jusque du dedans de l\u2019ombre, l\u2019espace tout entier bruisse avec elle du m\u00eame \u00e9cho claqu\u00e9 d\u2019un voile de s\u00e9pulcre balay\u00e9 par le blanc. Mais le blanc a chang\u00e9. Ce n\u2019est plus l\u2019aire vierge et p\u00e2le d\u2019un terrain d\u00e9laiss\u00e9, c\u2019est une toute autre couleur, une d\u00e9ferlante d\u2019imperceptibles teintes et diaprures de l\u2019air. Je me rends compte, au m\u00eame moment, que l\u2019air est saisi d\u2019une teneur nouvelle. Je n\u2019ai plus de corps \u00e0 contempler mais, \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir saisir l\u2019immat\u00e9riel, son vacillement, je me perds dans l\u2019effleurement de ce ph\u00e9nom\u00e8ne : \u00ab Ainsi les seules pr\u00e9sences qui hantent cet espace ne sont que des ombres, ombres inassignables \u00e0 une forme vivante, [&#8230;] \u201combres de l\u2019objet tombant sur le moi\u201d mais aussi ombres cr\u00e9es par l\u2019intentionnalit\u00e9 m\u00eame, qui, n\u00e9gligeant l\u2019objet, est couvert par le silence de l\u2019ombre qu\u2019elle a produite. \u00bb<sup>5<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le corps est l\u00e0 pourtant, imp\u00e9n\u00e9trable, ineffable, \u00ab car c\u2019est de l\u2019homme qu\u2019il s\u2019agit, dans sa pr\u00e9sence humaine ; et d\u2019un agrandissement de l\u2019\u0153il aux plus hautes mers int\u00e9rieures&#8230; \u00bb<sup>6<\/sup>&nbsp; Pour dire la couleur de l\u2019ombre, il faut du sombre, et de derri\u00e8re, une lumi\u00e8re inavouable imposant sa pr\u00e9sence, sa puissance physique \u00e0 nul autre pareil : le corps de la peinture. Et cela persiste incroyablement en lieu d\u2019absence et de perte : \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00e9ternit\u00e9, Vincent Dulom nous offre l\u2019illimit\u00e9 et l\u2019infini miracle de la peinture et de son surgissement. Sans doute, la certitude qu\u2019il n\u2019appartient d\u00e9j\u00e0 plus \u00e0 l\u2019image, ne la retient que tr\u00e8s mal, et la d\u00e9borde absolument. La luminance noire et progressive \u00e9voluant sous ma r\u00e9tine me le signifie clairement : j\u2019assiste, impassible, au dessaisissement lent de la gravit\u00e9 rattachant mes pieds au sol, face \u00e0 ce corps mouvant, fuligineux dans lequel je ne peux que me perdre. Comme le blanc persiste sous mes paupi\u00e8res, et comme l\u2019aveuglement de l\u2019ombre p\u00e9n\u00e8tre facilement dans cette semi-obscurit\u00e9. De l\u2019aire fibreuse du papier souffle une lumi\u00e8re nouvelle, une phosphorescence en puits et perte. Car le regard s\u2019enfonce, la t\u00eate aussi qui se penche infiniment sur ce corps \u00e9veill\u00e9, qui n\u2019en finit pas de sombrer. De spectatrice je deviens marcheuse, accordant le d\u00e9roul\u00e9 de mes pas au glissement pulsionnel de l\u2019ombre claire. Mesurant l\u2019avanc\u00e9e de ma courbure dans l\u2019espace d\u00e9ploy\u00e9, je fais face \u00e0 l\u2019insaisissable clart\u00e9 ab\u00eeme, terrible incapacit\u00e9 de la couleur \u00e0 se tenir dans le cerclage opalin que constitue cet \u00e9trange projectile d\u2019ombrines. La voix du po\u00e8te se pr\u00eate au corps du peintre :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Sourd au cri des oiseaux, aveugle aux formes de la terre, \u00e0 tout ce qui porte un nom dans les atlas bariol\u00e9s, je vais au-del\u00e0 des images, au-del\u00e0 des l\u00e9gendes, au-del\u00e0 des symboles. Seul \u00e0 l\u2019\u00e9trave du voyage, ivre de risques, j\u2019avance dans l\u2019inconnu qui est ma vraie patrie. Ici, o\u00f9 je ne connais et ne reconnais rien, je n\u2019ai plus \u00e0 esp\u00e9rer, ni \u00e0 craindre de comprendre. Un bandeau sur les yeux, les mains tremblantes en avant, suis-je en train de gravir les pentes \u00e9pouvantables du Futur, vais-je tomber dans la fleur des volcans, sous les glaciers engloutis \u2013 ou simplement dans les gouffres de moi-m\u00eame. \u00bb<sup>7<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Ce qui se pense : l\u2019espace tragique d\u2019un corps ouvert sur l\u2019inconnu.\u00bb<sup>8<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Singuli\u00e8re entrevue de la peinture tomb\u00e9e de son lit toil\u00e9 de p\u00e2tes et d\u2019onguents pour atterrir au suspens d\u2019un voile d\u2019\u00e9ther color\u00e9. D\u2019une coloration profond\u00e9ment saillie au papier, l\u00e9g\u00e8re au sol, qui le survole de son ombre n\u00e9gative, celle blanche et volatile d\u00e9fiant la gravit\u00e9. Pas un souffle ne survit \u00e0 l\u2019haleine d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 l\u2019insondable aurore, d\u00e9tach\u00e9e de son corps respirant, haletant, expirant par-dessus tout. De raffinements en nuances fines, s\u2019instille la densit\u00e9 du flux et la vacance de la mati\u00e8re dans l\u2019espac\u00e9 du possible visible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut comprendre le dessaisissement et le ravissement du corps de l\u2019artiste quand il ploie le geste et le vouloir au retrait et \u00e0 l\u2019asc\u00e9tisme n\u00e9cessaires \u00e0 la lumi\u00e8re, \u00e0 la fluidit\u00e9 de la couleur \u00e9tale. Il scrute la scansion et le d\u00e9li\u00e9 d\u2019un rythme qui n\u2019est ni d\u2019ici ni de l\u00e0, qui instaure la copr\u00e9sence de l\u2019\u00eatre l\u00e0 et de l\u2019ailleurs. C\u2019est dans cette oscillation labile qu\u2019il peut penser sa peinture. Dans cette radicalit\u00e9 de formes et de pens\u00e9e, o\u00f9 la main est dilat\u00e9e et vaporis\u00e9e, de couleurs qui sommeillent et s\u2019\u00e9veillent, s\u2019embrasent et se taisent, d\u2019une luminescence \u00e0 la d\u00e9rive de l\u2019ombre, \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation et au d\u00e9voilement d\u2019une clart\u00e9 du dessous. La lumi\u00e8re est partout et faseille pourtant sous un brasillement d\u2019eau et de vertiges blancs, longeant le rebondi cellulaire, oblong tendu vers un improbable surgissement et qui jamais ne vient heurter de cadres, ni d\u00e9loger de silences. Le silence habite l\u2019ombre d\u2019une lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De cet amu\u00efssement m\u00e9canique, comprendre l\u2019apparition de la peinture seule, comme d\u00e9tach\u00e9e de tout ancrage, si ce n\u2019est celui de l\u2019imprimante, port\u00e9e vers l\u2019autre, prenant avec elle dans la fulgurance du jet unique ce qui tend \u00e0 surgir de ce qu\u2019il n\u2019attendait pas l\u00e0, que chaque pas franchi instaurait pourtant dans la pleine conscience de l\u2019inconnu, cette part d\u2019invu9 d\u00e9crite par Jean-Luc Marion. Sa peinture ne se d\u00e9roule pas sur une pens\u00e9e pr\u00e9\u00e9tablie, elle la fait \u00e9merger de raffinements color\u00e9s en blanches pertes jusqu\u2019\u00e0 l\u2019incommensurable clart\u00e9 o\u00f9 nul n\u2019habite autre que l\u2019inconnu au sein de l\u2019imp\u00e9n\u00e9trable ailleurs de nous- m\u00eames. Vincent Dulom laisse advenir \u00e0 nos yeux la lumi\u00e8re du fond, celle qui nous fonde et nous confond d\u2019origine : ombre et silence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Cette lumi\u00e8re tirant sur le violet qui a lieu pendant les \u00e9clipses de soleil ou qui pr\u00e9c\u00e8de les catastrophes. \u00bb<sup>10<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vouloir saisir dans son entier l\u2019entrevue de la peinture de Vincent Dulom serait une entreprise vaine et vide de sens. Elle instaure l\u2019entremise du voile et de l\u2019invisible. Une lumi\u00e8re qui n\u2019indiquerait rien d\u2019autre que son appara\u00eetre imp\u00e9rieux et sa terrible persistance. Les couleurs vous p\u00e9n\u00e8trent de leur vapeur, semblant retomb\u00e9es sur le papier ou la toile en \u00ab cernes tr\u00e8s l\u00e9gers, comme on en ferait en soufflant contre un miroir. \u00bb<sup>11<\/sup>&nbsp;On croit tenir \u00e0 la r\u00e9tine cette ombre mouvante et ses moirures mobiles, mais en r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est du dessous des paupi\u00e8res que sommeille un ailleurs de teintes indescriptibles qui n\u2019ont d\u2019habit que l\u2019ombre crue de l\u2019origine. Cela tourne en une luisance infernale sous la membrane battante, unique cadre vivant qui voit filer la p\u00e2leur d\u2019un antre trouble, une niche immens\u00e9ment vague noy\u00e9e de lumi\u00e8res tournoyant au rythme d\u2019une myst\u00e9rieuse pulsation int\u00e9rieure. Et l\u2019\u0153il de battre \u00e0 l\u2019unisson. De voiles d\u2019\u00e9ther en luminances sombres, le peintre ouvre un espace o\u00f9 s\u2019\u00e9veillent les choses enfouies dans la mati\u00e8re et qui se meurent, s\u2019\u00e9tendent et naissent infiniment immat\u00e9rielles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab La pens\u00e9e est \u00e9preuve de cette gravit\u00e9 et de cette fuite. Elle ne \u201ccherche\u201d pas, car elle a d\u00e9j\u00e0 atteint son objet : mais elle \u00e9prouve son poids et comment il lui \u00e9chappe. Elle \u00e9prouve sa chute vers un centre du monde jusqu\u2019auquel elle doit le suivre pour apprendre \u00e0 quel point ce centre \u00e0 son tour se d\u00e9robe. Cela ne se montre que par touches, esquisses, profils d\u00e9rob\u00e9s, moules perdus. \u00bb<sup>12<\/sup>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La peinture de Vincent Dulom instaure un toucher de l\u2019ineffable, affleurement improbable de ce qui ne se touche ni ne s\u2019\u00e9treint, mais vous laisse sous l\u2019emprise d\u2019une caresse p\u00e9n\u00e9trante. Plus que d\u2019une beaut\u00e9 prodigieuse, elle emprunte son \u00e2pre noirceur au sublime contempl\u00e9 un instant dans l\u2019interstice de la vision et de son entreb\u00e2illement furtif. Par- del\u00e0 les diaprures que laisse trainer le noyau t\u00e9n\u00e9breux, lorsque la peinture dispara\u00eet sous vos yeux et qu\u2019il n\u2019y a plus rien \u00e0 voir, c\u2019est encore le sublime qui vous tient arrim\u00e9 \u00e0 la surface du surgir palpitant de l\u2019autre latent, cette lumi\u00e8re blanche semblant fendre le papier de son implacable transparence, traversant les parois solides du mur, et derri\u00e8re, encore, plus loin, toujours, \u00e0 moins qu\u2019on ne se trouve justement, l\u00e0, au plus pr\u00e8s de ce qui nous restait alors encore inconnu : \u00ab un \u00e9tat proche du vertige ; un endroit pour exister devant-l\u2019\u00e9ternit\u00e9-et-devant-la-mort, un lieu \u2013 en non-lieu \u2013 de l\u2019\u00eatre-l\u00e0-\u00e0-l\u2019\u00e9cart, \u00e0 l\u2019ombre d\u2019une ombre. \u00bb<sup>13<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1 Vincent Dulom,&nbsp;<em>Passeur de peinture, \u00ab Du lieu de la peinture \u2013 R\u00e9flexion, digressions et quelques mots encore \u00bb<\/em>, texte de l\u2019exposition Lenticulaires d\u2019ombres, Toulouse, Espace III, Espace Croix-Baragnon, 4 novembre &#8211; 7 d\u00e9cembre 2005, p. 10.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2 Alain Bonfand,&nbsp;<em>L\u2019ombre de la nuit, La m\u00e9lancolie et l\u2019angoisse dans les \u0153uvres de Mario Sironi et de Paul Klee entre 1933 et 1940<\/em>, Paris, Ed. la Diff\u00e9rence, 2005, p. 12.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">3 Alain Bonfand,&nbsp;<em>Ibid<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4 Louis Aragon,<em>&nbsp;Henri Matisse, roman,<\/em>&nbsp;Paris, Ed. Quarto Gallimard, 1998, p. 13.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">5 Alain Bonfand,&nbsp;<em>L\u2019ombre de la nuit, La m\u00e9lancolie et l\u2019angoisse dans les \u0153uvres de Mario Sironi et de Paul Klee entre 1933 et 1940<\/em>, Op. cit., pp. 63- 64.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">6 Saint-John Perse,&nbsp;<em>Vents<\/em>, III, 4, Paris, Ed. Gallimard, 1975, p. 56.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">7 Jean Tardieu,&nbsp;<em>\u00ab De la peinture que l\u2019on dit abstraite \u00bb<\/em>, \u0152uvres, Paris, Ed. Quarto Gallimard, 2003, p. 862.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">8 Vincent Dulom, entretien du 10 juillet 2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">9 Au sens que Jean-Luc Marion d\u00e9veloppe ainsi :&nbsp;<em>\u00ab L\u2019invu que va chercher le peintre reste donc, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019instant de l\u2019ultime surgissement, impr\u00e9vu \u2013 invu, donc impr\u00e9vu. L\u2019invu, ou l\u2019impr\u00e9vu par excellence. \u00bb&nbsp;<\/em>Jean-Luc Marion,&nbsp;<em>La crois\u00e9e du visible<\/em>, Paris, Ed. La Diff\u00e9rence, 1991, p. 54.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">10 Michelangelo Antonioni, Tonino Guerra, cit\u00e9s par Alain Bonfand, in,&nbsp;<em>Le cin\u00e9ma satur\u00e9, Essai sur les relations de la peinture et des images en mouvement<\/em>, Paris, Ed. PUF, 2007, pp. 120-121.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">11 Pierre Loti,&nbsp;<em>P\u00eacheurs d\u2019Islande<\/em>, Paris, Ed. Librairie G\u00e9n\u00e9rale Fran\u00e7aise, 1988, p. 56.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">12 Jean-Luc Nancy,&nbsp;<em>Le poids d\u2019une pens\u00e9e<\/em>, l\u2019approche, Strasbourg, Ed. La Phocide, 2008, p. 8.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">13 Vincent Dulom,&nbsp;<em>Passeur de peinture, \u00ab Du lieu de la peinture \u2013 R\u00e9flexion, digressions et quelques mots encore \u00bb<\/em>, Op. Cit., p. 16.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Intervention de Claire Chesnier \u2014 Journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude&nbsp;<em>\u00abApparition \/ Disparition\u00bb (autour de l\u2019exposition L\u2019\u00e9cart\u00e9 d\u2019ombre)&nbsp;<\/em>d\u00e9partement Art de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse II le Mirail, La Fabrique, Toulouse, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>Un extrait de ce texte a servi au&nbsp;<\/em>dossier de presse de l\u2019exposition&nbsp;<em>L\u2019entre sourd<\/em>, Centre d\u2019art contemporain La BF15, Lyon, 2013.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Commissariat : Perrine Lacroix<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Claire Chesnier est artiste, docteure en Arts plastiques, diplom\u00e9e de l\u2019\u00c9cole des arts de la&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sorbonne &#8211; Universit\u00e9 Paris 1 Panth\u00e9on-Sorbonne.\u00a0Elle est \u00e9galement dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019\u00c9cole Nationale Sup\u00e9rieure des Beaux-Arts de Paris. Laur\u00e9ate de nombreux prix nationaux et internationaux.<br><br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br><br>Excerpt\/ press release for the BF15 expo<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">By Claire Chesnier<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Connecting with an artist\u2019s production is a delicate matter, somewhat like the imperceptible batting of an eye becoming the premise of a primal visual experience. Meeting Vincent Dulom\u2019s work is like that, an unforgettable preview of painting \u201cwhere shadows dwell\u201d(1). Not a question of visual seduction, here you enter a singular field: one continuous, rough expanse that gnaws at your eyes, as you penetrate the span and get lost in looking. Then, an apparition in that field shifts between dazzle and abyss: the swelling presence of a dark trace, becoming a cavernous gap you fall into; a sort of unstable, intangible dilation, tensing for an instant, perhaps a sort of reflection on the glassy bulge of your eye, a porous disturbance. This is a unique glimpse of painting fallen from a \u201cpasty, ointment lathered canvas\u201d, to land and become a suspended, ethereal veil of color. A deep variegation, thrusting out from the paper, insubstantial and weightless, skimming over as a negative shadow, a gravity defying, exploding whiteness. It is a finely nuanced ravishment, infusing instable density and a potential vacancy in the visual field. Vincent Dulom lets the \u201cbackground light of our vision\u201d happen, it is the basis of our original amazement confounding shadow and silence. His painting touches the ineffable: an improbable, elusive apparition, ethereal, and yet it leaves you with the uncanny impression of having received a penetrating caress. Less a question of spectacularly gorgeous beauty, his painting borrows a sense of bitter obscurity from the flash of a glance at the sublime, gleaned an instant in the interstice between seeing and its brief halfway beginning.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1. Vincent Dulom,&nbsp;<em>Painting\u2019s Escort<\/em>, p. 10.<br><em>Pressbook for the exposition&nbsp;<\/em><br><em>\u201cL\u2019entre sourd\u201d &#8211; \u201cBetween Deafening\u201d<\/em><br><em>Center for Contemporary Art, La BF15, Lyons<\/em><br><em>June 2013. Commissioner: Perrine Lacroix<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Claire Chesnier is an artist. She is&nbsp; graduate of l\u2019\u00c9cole Nationale Sup\u00e9rieure des Beaux-Arts in Paris. Winner of numerous prizes on a national and international level. Currently pursuing her doctoral degree from the University of Paris 1 Panth\u00e9on-Sorbonne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">English translation: Linda Calderon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Claire Chesnier La rencontre d\u2019une \u0153uvre est une chose fragile, un imperceptible battement de cils o\u00f9 s\u2019entrouvre la vision. Celle de Vincent Dulom est de celle-l\u00e0. De celle, inoubliable de l\u2019entrevue de la peinture \u00ab \u00e0 demeure d\u2019ombre \u00bb1. Ici, pas de s\u00e9duction : une \u00e9tendue \u00e2pre mais d\u2019un seul tenant, qui vous rongerait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-419","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/419","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=419"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/419\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":593,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/419\/revisions\/593"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=419"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=419"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vincentdulom.com\/editorial\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=419"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}